(A.P.Hawzah) – Citant l’agence ON4, de récents rapports indiquent que des dizaines d’organisations caritatives enregistrées au Royaume-Uni ont acheminé des millions de livres sterling de dons vers des institutions et des projets liés aux colonies israéliennes dans les territoires palestiniens occupés. Cette affaire a provoqué de vives réactions de la part de plusieurs parlementaires britanniques, qui réclament désormais une enquête approfondie ainsi que le retrait de l’agrément de ces organismes.
D’après des sources britanniques, Melanie Ward, députée du Parti travailliste au Parlement du Royaume-Uni, a averti que si ces dons avaient bénéficié du dispositif fiscal « Gift Aid », généralement accordé aux associations caritatives, les contribuables britanniques auraient alors indirectement financé à hauteur d’environ 5,6 millions de livres sterling des activités liées aux colonies israéliennes considérées comme illégales. Elle a qualifié cette situation de « profondément regrettable ».
Par ailleurs, Yvette Cooper a annoncé que la Charity Commission, l’autorité de régulation des organisations caritatives au Royaume-Uni, avait été chargée d’examiner les liens existant entre certaines associations britanniques et les colonies israéliennes.
Melanie Ward, qui a auparavant occupé le poste de directrice générale de l’organisation Medical Aid for Palestinians (Aide médicale aux Palestiniens), a adressé une lettre à l’autorité de contrôle des associations caritatives. Dans ce courrier, elle demande l’ouverture d’une enquête sur les activités de ces organismes ainsi que leur radiation du registre officiel des associations caritatives.
Elle y souligne que l’expansion et le maintien des colonies israéliennes dans les territoires palestiniens sont considérés par la communauté internationale comme l’un des principaux obstacles à la paix. Selon elle, tout soutien financier à des activités contribuant à la protection ou au développement de ces colonies constitue une forme de soutien à l’extrémisme et va à l’encontre de l’intérêt public britannique ainsi que des principes du droit international.
Accusations de financement de groupes extrémistes
Parmi les organismes cités figurent le Kasner Charitable Trust ainsi que l’association caritative UK Toremet.
Selon des rapports publiés l’an dernier, UK Toremet aurait agi en tant qu’intermédiaire financier, et ces deux organismes auraient versé ensemble près de 5,7 millions de livres sterling à l’établissement religieux Bnei Akiva Yeshiva, situé dans la colonie de Susya, en Cisjordanie occupée.
Des chercheurs, après avoir examiné des documents en anglais et en hébreu, ont également indiqué que la fondation Kasner avait accordé une aide financière à une école religieuse située dans la ville d’Hébron.
Les rapports révèlent par ailleurs qu’en 2022, UK Toremet a versé 38 479 livres sterling au groupe de colons radical Regavim, une organisation qui soutient la démolition de maisons palestiniennes et qui fait l’objet de sanctions de la part de l’Union européenne.
Il est également rapporté que la plateforme Jgive, chargée du traitement des paiements financiers de UK Toremet, permettait d’effectuer des dons à d’autres groupes de colons, notamment Shivat Zion Lerigvy Admata, une organisation que le Royaume-Uni a annoncé vouloir sanctionner.
La défense des organisations concernées
Réagissant à ces accusations, un porte-parole de UK Toremet a déclaré que l’autorité britannique de régulation des associations caritatives avait déjà confirmé, par le passé, la légalité des activités de l’organisation.
Il a également affirmé que tous les paiements effectués par l’intermédiaire de la plateforme Jgive n’avaient été approuvés qu’après les vérifications nécessaires et uniquement pour des projets répondant aux critères et aux objectifs caritatifs définis.
Selon ce porte-parole, le groupe Shivat Zion Lerigvy Admata ne figure pas sur la liste des bénéficiaires approuvés par l’organisation. Quant au financement accordé à Regavim, il concernait, selon lui, un projet situé à l’intérieur des frontières israéliennes antérieures à 1967.
Il a ajouté que Regavim ne figure désormais plus parmi les bénéficiaires agréés de UK Toremet.




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